C’est le docteur René Spitz qui a démontré, en 1946, l’importance de l’affection sur le développement de l’enfant. L’affection est en effet essentielle à la croissance physique et psychique de chaque enfant et elle est depuis peu considérée comme un besoin fondamental.

Affection : ses bienfaits sur l'enfant

Définition

Selon le Larousse l’affection est un « sentiment d’amitié, de tendresse d’attachement pour quelqu’un. » Exprimer son affection envers son enfant lui permet de se sentir bien et aimé 🥰. Et quand on connaît les bienfaits de la démonstration de son affection sur Bout’chou, il serait dommage de s’en priver. Justement, quels sont-ils ces bienfaits ?

Les bienfaits de l'affection pour l'enfant

Un enfant qui se sent aimé grâce à la démonstration d’affection de ses parents :

  • éprouve du bien-être et une sécurité affective intérieure,
  • à confiance en lui et en ses parents,
  • ose faire des expériences pour découvrir le monde,
  • développe son autonomie,
  • développe sa croissance physique et psychologique,
  • résiste plus au stress et sait mieux y faire face,
  • régule mieux ses émotions (très pratique dans les magasins 😉),
  • s’adapte plus facilement aux nouvelles situations,
  • développe son intelligence.

Donner de l’affection à un enfant participe beaucoup à son épanouissement. Et ce qui est bien avec l’affection, c’est que tout le monde peut en donner : les parents, les grands-parents, les oncles et tantes, les amis, les enseignants… Et ça produit les mêmes effets. Hip hip hip, vive l’affection 🎊🎉 !

Les avantages pour les parents

En montrant votre amour à Bout’chou vous lui exprimez qu’il compte pour vous et de ce fait, vous favorisez son développement global. Et quand Bout’chou se développe bien il devient, par la même occasion, plus coopératif. De ce fait :

  • vous criez et répétez moins (Bout’chou est plus à l’écoute des adultes),
  • vous gagnez du temps pour vous (Bout’chou accapare moins votre attention),
  • l’ambiance à la maison devient plus sereine et donc de meilleure qualité,
  • vous développez de meilleures relations avec Bout’chou,
  • vous éprouvez plus de sensations de bien-être.

Bref, en démontrant votre affection, tout le monde est plus serein, les relations deviennent plus harmonieuses et c’est toute la famille qui y gagne.

L'affection est un besoin vital

C’est le docteur René Spitz qui a prouvé l’importance de l’affection dans le développement de l’enfant. En 1946 Spitz étudie le développement de cent vingt trois bébés placés en pouponnière à cause de l’emprisonnement de leur mère. Il constate que ces enfants deviennent rapidement dépressifs. Pourtant le personnel de la pouponnière nourrissait et prenait soin des enfants. Ils étaient propres et soignés en cas de maladies.

Quelque chose était différent avec les mères, mais quoi ? L’affection. Les mères emprisonnées aimaient leur enfant, elles y étaient profondément attachées et faisaient preuve d’affection envers eux. À l’inverse, le personnel des pouponnières était totalement indifférent. Il prodiguait les soins mais de façon froide et détachée. Les enfants ne bénéficiaient d’aucune affection.

Le docteur en a conclu que c’est ce manque d’affection qui a provoqué la dépression des jeunes enfants. Il a aussi constaté que plus la privation totale d’affection persistait, plus l’enfant plongeait dans la dépression et pouvait même en mourir. D’ailleurs un enfant sur trois décédera pendant l’ observation du docteur. Ceux qui ont survécus montraient des retards de développement lourds, aussi bien physiques que psychiques. Spitz a donné un nom à cette dépression infantile : l’hospitalisme.

Mais pas de panique, pour en arriver au stade de l’hospitalisme il faut y aller fort, très fort même car il faut que l’enfant soit totalement privé d’affection. Et comme toujours avec les enfants, c’est la qualité générale de vos soins, de votre maternage (avec le paternage ça marche aussi 🤭) qui feront la différence. Donc non, la démonstration d’affection 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 n’est ni nécessaire ni enviable. Ainsi on évite de tomber dans la couvée, à réserver aux poules 🐔. Allez, on respire profondément et on se détend 🧘‍♀️.

On entend souvent que l’hospitalisme découle de la séparation de l’enfant et de sa mère. Aïe aïe aïe ! Si c’était vrai, ça voudrait dire que tous les enfants séparés de leurs parents ( les orphelins, les adoptés, les hospitalisés…) seraient frappés d’hospitalisme. Mais aussi les enfants avec deux papas ou un papa isolé. Heureusement il n’en est rien. Le petit d’homme est tout à fait capable de se construire et de s’épanouir avec n’importe quel adulte, de n’importe quel sexe, s’il lui donne suffisamment de soins, d’amour et lui offre une relation stable. En fait, n’importe quel adulte fait l’affaire s’il se comporte comme un éducateur.

Comment ça marche l'affection ?

Plus on vous aime, plus vous aimez. Plus vous aimez plus vous vous sentez bien, serein, heureux. Et plus vous vous sentez bien plus vous sécrétez de l’ocytocine et plus vous aimez 😍. C’est une histoire sans fin et tout le monde  fonctionne de cette façon, les adultes comme les enfants, de sexe masculin et féminin.

De l’ocyto quoi ? De l’o-cy-to-cine. C’est la fameuse hormone qui provoque les contractions de l’utérus pour permettre l’accouchement. Elle provoque aussi l’écoulement du lait pour permettre l’allaitement. Et ça ne s’arrête pas là. La chercheuse Kerstin Uvnäs Moberg a découvert que certaines formes de toucher (massages, caresses, bisous, câlins, tétées…) sécrètent de l’ocytocine. D’ailleurs le toucher est le meilleur moyen d’en produire. Et plus votre corps sécrète de l’ocytocine, plus vous vous relaxez, réduisez votre stress, développez votre mémoire… L’ocytocine a même un effet sur la croissance et la digestion. Elle joue aussi un rôle dans nos relations : elle favorise l’attachement entre la mère et son bébé, la confiance… C’est très pratique pour les nouvelles mamans qui doivent créer un lien fort avec bébé.

La pédiatre Catherine Gueguen nous explique que l’ocytocine est une molécule chimique, une hormone, qui

« est synthétisée dans le cerveau »

avant de circuler dans le sang. Cette molécule nous pousse à aimer, à nous attacher les uns aux autres, à poursuivre nos relations avec les personnes que nous aimons et à en créer d’autres avec d’autres personnes.

Comment montrer son affection

Les bisous et les câlins sont-ils les seuls moyens de montrer son affection ? Bien-sûr que non. C’est important mais ça ne fait pas tout. Bout’chou optimisera son développement affectif si ses parents lui offrent trois éléments essentiels :

  • de l’affection : les bisous, câlins, caresses, massages… Mais aussi les mots doux, l’écoute, l’empathie, le soutien… Bref tous les sentiments positifs, toute la bienveillance dont vous pourrez faire preuve et qui favoriseront le bien-être et l’épanouissement de Bout’chou,
  • des réponses adaptées à ses besoins : physiques (manger, boire, dormir, soigner…), intellectuels (communiquer, jouer, lire des histoires, apprendre…), affectifs (chaleur, amour, tendresse, sécurité…), psychiques (écoute, respect, bienveillance…), sociaux (échanger, sortir, rencontrer d’autres enfants…),
  • des relations stables.

Résumé

Ressources

  • Daniel Rousseau, Philippe Duverger, L’hospitalisme à domicile, Enfances et Psy, pages 127 à 137, 2011, revue n°50, consulté sur CAIRN. INFO le 8 juillet 2019,
  • Kerstin Uvnäs MOBERG, Ocytocine : l’hormone de l’amour, éditions Souffle D’or, 2006,
  • Catherine GUEGUEN, Pour une enfance heureuse, Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, éditions Robert Laffont, Paris, 2014.

Cécile Dhifallah

Formatrice diplômée en sciences de l’éducation et spécialisée en parentalité positive. Je suis aussi la maman d'une ado avec qui je mets en pratique la théorie. Connaître les principes de la parentalité positive et de la psychologie de l'enfant a beaucoup facilité mon rôle de parent. J'espère que mon site facilitera le vôtre.

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