Le stress est accusé de bloquer les apprentissages et de freiner le développement de nos Bout’choux. Et quand on sait à quel point nos vies en contiennent, il y a de quoi s’inquiéter ! Mais on entend aussi qu’il est nécessaire. Alors qui croire ?

Les effets du stress sur l'enfant

Le Centre d’Études sur le Stress Humain (CESH) explique que le stress découle d’un événement inhabituel, inattendu et perturbant. Il est une sorte de signal d’alerte, envoyé à notre corps, pour qu’il agisse face à une  situation perçue comme menaçante, voire dangereuse.

Une recette universelle

Le stress, c’est comme une recette de cuisine : il est constitué de différents ingrédients, soit :

  • un contrôle faible,
  • l’imprévisibilité,
  • la nouveauté,
  • l’ego menacé.

Si votre enfant est aux prises avec au moins l’un ou plusieurs de ses éléments, il se pourrait qu’il soit plus ou moins stressé. Mais pas de panique car il n’est pas nécessairement néfaste pour son développement. Sachez aussi que chacun y réagit à sa façon. Une situation peut être très stressante pour un enfant et très peu, voire pas du tout, pour un autre. Cerise sur le gâteau : les éducateurs ont la possibilité de faire baisser significativement le niveau de stress des enfants en les accompagnant dans la gestion de leur stress…

Deux types de stress

Face à une situation perçue comme menaçante, donc stressante, le corps produit deux hormones : l’adrénaline et le cortisol. Ces deux hormones vont permettre la libération d’une énergie importante pour y faire face, c’est à dire pour attaquer ou fuir la menace. Pour ce faire l’adrénaline va stimuler le rythme cardiaque, la respiration et la circulation sanguine. Le cortisol, lui, va transformer le gras en sucre. 

Et quand le stress est trop intense, dure trop longtemps ou se répète trop souvent, rien ne va plus. Quand il est trop bas aussi. Oui, oui ! Des études ont prouvé qu’un niveau de stress trop bas diminue la mémoire au même titre qu’un niveau trop haut. Mais, on est bien d’accord, nous sommes plus souvent concernés par un niveau trop haut que trop bas.

Bref, vous l’aurez compris, il existe deux types de stress

  • le stress occasionnel ou aigu,
  • le stress répétitif ou chronique.

Le stress aigu

Le stress est dit aigu lorsqu’il est occasionnel, c’est à dire lorsque le corps a la possibilité de retrouver un état de détente entre deux situations perçues comme menaçantes. Un stress aigu peut être de basse ou de forte intensité, allant de la simple dispute à une catastrophe naturelle. Bien qu’il soit perçu de façon négative, il n’est pas mauvais en soi. En effet, grâce à l’énergie supplémentaire produite par notre corps, nous sommes dans un état de vigilance supérieure : nous agissons plus vite, nous nous dépassons, nous restons motivés, nous sommes plus performants, nous jugeons mieux les situations… C’est le côté positif du stress.

Le stress chronique

Le stress chronique fonctionne exactement de la même façon que le stress aigu, mais de façon excessive. il produit les deux mêmes hormones, l’adrénaline et le cortisol, mais c’est sa chronicité qui pose problème. Car un stress chronique, comme son nom l’indique,

découle de l’exposition prolongée et répétée à des situations qui nous font sécréter les hormones du stress. (CESH)

Dans ces conditions le corps va produire une quantité trop élevée de cortisol et d’adrénaline. Du coup, le corps fonctionne en sur-régime trop longtemps, trop souvent et sans retrouver un état de détente suffisant pour recharger ses batteries. Bref, en état de stress chronique, le corps puise constamment dans ses réserves énergétiques et il s’épuise. C’est le stress chronique qui peut être néfaste pour la santé.

    Des effets négatifs

    les effets négatifs du stress

    Nous savons que les traumatismes graves (accident, attentat, catastrophe naturelle, maladie grave…) provoquent

    une sécrétion excessive d’hormones du stress qui pourrait entraîner des déficits permanents sur le plan de la mémoire et de l’apprentissage (Davis et coll., 2003 cité par Kathleen Stassen Berger).

    Nous savons aussi que les jeunes enfants soumis à un stress incessant, donc chronique, s’exposent à

    des troubles physiques et psychologiques, une difficulté à réguler leurs émotions et des handicaps cognitifs (Quas, Bauer et Boyce, 2004 cité par Kathleen Stassen Berger).

    Mais rien n’est joué d’avance. Ce n’est pas parce que nos enfants ont été confrontés à un traumatisme qu’ils connaîtront obligatoirement des déficits, troubles, difficultés ou handicaps. Les phrases citées utilisent le conditionnel et parlent d’exposition. Bref, les effets néfastes du stress c’est comme les antibiotiques, c’est pas automatique 😉. Et n’oublions pas que  personne n’y réagit de la même façon. Cela vaut aussi bien pour les enfants que pour les adultes.

    Le stress du quotidien

    Mais que savons-nous des  effets du stress du quotidien sur nos enfants ? Car, il faut bien se l’avouer, nos vies en sont plus ou moins saupoudrées. Tous les matins nous pressons nos enfants pour les déposer à temps à la crèche ou à l’école, ils passent leur journée dans des endroits bruyants, puis ils doivent se presser pour faire leurs devoirs, prendre leur bain, diner… On ne va pas se mentir, ces situations sont stressantes et les enfants y sont plus sensibles que les adultes.

    Heureusement le stress ne fait pas tout. C’est une des raisons pour laquelle ses effets sont très différents d’un enfant à l’autre. Car, vous savez quoi ? Les effets du stress dépendent de l’accompagnement de nos Bout’choux.

    Sonia Lupien, directrice scientifique du CESH et Docteur en neurosciences, explique que plusieurs études récentes ont démontré que c’est la qualité de l’accompagnement des enfants qui fait la différence. Notamment la sensibilité des éducateurs et leur capacité à répondre de façon satisfaisante aux besoins de l’enfant. Si c’est le cas, le taux d’hormones lié au stress baisse significativement. Donc non, le stress du quotidien n’endommage pas le cerveau ni ne freine le développement de nos Bout’choux, s’ils sont correctement accompagnés.

    Aussi, la majorité des études qui mesurent le stress chez les enfants démontrent que ce sont les parents qui ont le plus d’impact sur lui. Mais comment faire ? En agissant directement sur les ingrédients du stress. Par exemple en réduisant la nouveauté et l’imprévisibilité. Ce faisant ils augmentent le contrôle de la situation de Bout’chou et de ce fait, baissent son niveau de stress. Car bien que nos enfants soient contraints d’aller à la crèche ou à l’école tous les jours, il s’agit toujours de la même crèche ou école, avec le même personnel et les mêmes copains. Il n’y a donc plus d’imprévisibilité ni de nouveauté. Et comme le fait d’aller à la crèche ou à l’école ne menace pas l’ego de l’enfant, tout est ok pour Bout’chou qui a toutes les cartes en main pour gérer la situation. Oufffff nous voilà rassurés 😅.

    Les signes du stress

    Comment savoir si notre enfant subit un stress chronique ? En observant les changements de comportements. Si votre enfant :

    • a des difficultés à s’endormir,
    • a mal au ventre, à la tête, a le cœur qui bat vite
    • dort moins bien que d’habitude, fait des cauchemars, se réveille souvent,
    • réagit de façon disproportionnée,
    • a des changements d’humeur, est irritable,
    • perd l’appétit,
    • devient agité, irritable,
    • ne veut plus aller à l’école,
    • a du mal à se concentrer, à mémoriser ses leçons
    • s’isole,
    • a des tics nerveux,

    Il se pourrait qu’il soit stressé, et vous pouvez l’aider à mieux gérer la situation.

    La gestion du stress chez les enfants

    Apprendre à réguler le stress

    Bien-sûr on ne pourra jamais supprimer le stress de la vie de nos enfants. Et ce n’est pas souhaitable vu les effets d’un niveau trop bas de stress.  Mais nous pouvons les aider à y faire face en les accompagnant de façon pertinente :

    • en augmentant leur sécurité affective grâce à notre écoute, notre soutien et notre réconfort,
    • en accueillant leur tristesse, leurs peurs,
    • en les aidant à identifier et gérer leurs émotions,
    • en réduisant la nouveauté en expliquant la suite des événements, en montrant des photos,
    • en leur proposant de penser à quelque chose d’agréable et de positif,
    • en leur permettant de dépenser l’énergie libérée par l’adrénaline et le cortisol (en sautant en l’air, en tapant sur des coussins, en criant, en courant, en respirant profondément, en contractant les abdos…),
    • en riant (s’il n’y a rien de drôle, forcez-vous à rire et vous finirez par rire vraiment 😂),
    • en pratiquant une méditation pour enfants,
    • en pratiquant une activité sportive régulière,

    Résumé

    Ressources

    • le Centre d’Etudes sur le Stress Humain (CESH),  www.stresshumain.ca
    • Sonia Lupien, directrice scientifique du CESH, www.sonialupien.com
    • kathleen Stassen Berger, Psychologie du développement, Ouvertures Psychologiques, éditions de boeck, 2ème édition, 2012

    Cécile Dhifallah

    Formatrice diplômée en sciences de l’éducation et spécialisée en parentalité positive. Je suis aussi la maman d'une ado avec qui je mets en pratique la théorie. Connaître les principes de la parentalité positive et de la psychologie de l'enfant a beaucoup facilité mon rôle de parent. J'espère que mon site facilitera le vôtre.

    0 commentaire

    Laisser un commentaire