Comment savoir si vous répondez à l’ensemble des besoins de votre enfant ? Il a besoin de manger, boire et dormir pour grandir. Ça c’est la base, mais il y en a d’autres. Et certains seraient à satisfaire en priorité…

Les besoins de l'enfant

Bout’chou a besoin de manger, boire et dormir pour grandir. Ça tout le monde le sait ! Il a aussi besoin d’amour, de sécurité, de réconfort : on commence à le savoir. Et la stimulation ? Et oui bébé a aussi besoin de stimuler ses sens, d’expérimenter, d’explorer le monde et de jouer pour développer sa motricité, son intelligence, sa confiance en lui. Mais comment savoir si on répond à l’ensemble des besoins de son enfant ?

Et oui, tous les parents se posent ce genre de questions. Et c’est normal car nous n’avons pas appris à devenir parents. Nous sommes mis devant le fait accompli quand bébé arrive, et du jour au lendemain, nous devrions savoir satisfaire ses différents besoins.

Et face à la multitude de choses à faire pour favoriser le développement global de bébé, on se pose mille et une questions. Mais vous savez quoi ? on en fait déjà pas mal : on le nourrit, on le lave, on le console, on lui parle, on joue avec lui, on l’embrasse… D’accord mais certains besoins sont-ils plus importants que d’autres ?

Deux catégories de besoins

À peu près tous les parents savent qu’ils doivent répondre à deux catégories de besoins pour favoriser le développement de leur enfant :

  • les besoins physiologiques pour permettre la croissance physique du corps et,

  • les besoins psychologiques ou psychiques pour permettre la croissance de l’esprit, de l’intellect, du mental…

Ces deux catégories de besoins fonctionnent ensemble et s’influencent l’une et l’autre.

Des besoins et des désirs

Commençons par le début en nous demandant ce qu’est un besoin. Selon le Larousse un besoin est un sentiment ressenti lorsqu’un objet nécessaire à la vie vient à manquer. Ne pas y répondre nous met donc en danger. Satisfaire les besoins de l’enfant enclenche son développement optimal afin qu’il grandisse, apprenne, s’épanouisse.

Un besoin est donc vital et ne doit pas être confondu avec le désir qui, lui, relève du superflu car il n’est pas nécessaire à la vie. Il n’est pas vital. De ce fait les besoins sont à satisfaire contrairement aux désirs, qui peuvent l’être ou pas.

Mais ce n’est pas parce que le désir est superflu qu’il ne faut jamais l’assouvir. Car nous les humains sommes des êtres naturellement désireux. Et ça fait tellement de bien de se permettre un petit plaisir de temps en temps.

Il faut savoir qu’un désir peut aussi correspondre à un besoin caché. Vous connaissez sûrement le réconfort que peut procurer une simple crêpe nappée de nutella, ou bien l’achat d’une nouvelle paire de chaussure ou d’une nouvelle voiture… Il serait dommage de s’en priver n’est ce pas ? C’est exactement pareil pour nos Bout’choux. La difficulté avec l’assouvissement des désirs est qu’il faut trouver le bon équilibre entre le trop et le trop peu.

Pour un développement optimal ou maximal ?

Tout le monde sait que plus nous satisfaisons les besoins de Bout’chou et plus il se développera. Mais de quel développement parlons-nous ? Du développement optimal ou maximal ?

Le développement optimal correspond au meilleur développement possible, « l’état le plus favorable » nous dit le Larousse. Le développement optimal de chaque être humain est très différent d’une famille à l’autre, d’une société à l’autre, d’une culture à l’autre… Il dépend de l’environnement de l’individu et de notre conception du développement humain.

Le développement maximal vise, lui, une performance : le maximum, le plus haut niveau. Il ne tient pas compte de l’environnement. Nous visons un développement maximal lorsque nous tentons d’appliquer un idéal éducatif, lorsque nous souhaitons être au top tout le temps.

Mais quoi qu’il en soit, c’est la satisfaction régulière et correcte (le plus souvent possible, pas tout le temps ni parfaitement, hein !) des besoins fondamentaux qui permet à l’enfant de développer ses potentiels, de devenir autonome et de jouir d’une insertion sociale satisfaisante.

Sur ce site il ne s’agit pas de vous inciter à viser un idéal éducatif, mais bien une parentalité positive réaliste, accessible. Car l’idéal est par essence inatteignable, il est vain de vouloir l’atteindre. D’ailleurs la psychologie positive, de laquelle s’inspire l’éducation positive, nous invite à tendre vers le fonctionnement optimal, plutôt que maximal. Cela afin de privilégier notre santé physique et mentale. On peut donc dire que le développement maximal est un contre-sens de la psychologie positive.

Les besoins selon Abraham Maslow

Voyons quels sont les besoins de l’enfant en nous aidant de la théorie de la motivation du psychologue Abraham Maslow. Vous en avez peut-être entendu parlée, c’est LA théorie des besoins la plus mise en avant sur internet.

La théorie des besoins et des motivations de Maslow tente d’expliquer comment s’accomplit l’individu au travail. Elle définit les besoins à satisfaire pour le développement complet de l’homme. Selon Abraham Maslow, un individu à qui tous les besoins ont été suffisamment satisfaits, est un individu épanoui.

Selon cette théorie tous les besoins ne sont pas à considérer de la même façon. Certains devront être assouvis avant d’autres, mais tous sont nécessaires à l’accomplissement humain. Pour mieux comprendre cette idée de hiérarchie le psychologue a représenté les besoins sous la forme d’une pyramide à palier, connue sous le nom de « pyramide des besoins » ou encore « pyramide de Maslow ». Mais comme un bon dessin vaut mieux qu’un long discours…

Des besoins plus importants que d'autres ?

Comme vous venez de le constater, la pyramide représente les besoins humains de façon hiérarchique, avec des besoins à satisfaire dans un sens bien précis. La base de la pyramide comprend les besoins physiologiques, c’est à dire le besoin de manger, de boire, de dormir… Selon Maslow ces besoins sont les premiers à satisfaire, sans quoi il est impossible de satisfaire les besoins suivants. Ensuite vient le besoin de sécurité matérielle, financière, affective…. Une fois atteint on passe au besoin d’appartenance (familiale, amicale, sociale, professionnelle…) puis au besoin d’estime (être reconnu, valorisé…) et au besoin d’accomplissement (donner un sens à sa vie, accomplir des projets, des rêves…).

Pour le psychologue tout le monde est motivé par le besoin d’accomplissement, mais seuls ceux qui seront parvenus à répondre aux besoins intermédiaires, c’est à dire aux besoins qui précèdent le besoin de s’accomplir, du moins une partie, accéderont à l’accomplissement. Selon lui c’est la satisfaction des besoins précédents qui va permettre la satisfaction du besoin suivant. Et c’est là-dessus que tout le monde n’est pas d’accord.

La hiérarchie des besoins remise en question

La pyramide des besoins a été fortement critiquée. Elle n’est plus reconnue comme pertinente aux yeux de certains scientifiques. Il faut dire que des travaux plus récents ont remis en question certains aspects des travaux d’Abraham Maslow. Notamment l’idée de hiérarchie.

Aujourd’hui nous savons que non seulement certains individus accèdent au sommet de la pyramide, sans être passés nécessairement par les besoins intermédiaires. Et que l’importance accordée aux différents besoins dépendrait de chacun. Par exemple certains privilégient le besoin d’estime plutôt que le besoin d’appartenance. D’autres se préoccupent plus de leur apparence physique que de leur hygiène alimentaire.

Aussi les individus priorisent leurs besoins en fonction de leurs conditions de vie. Par exemple on peut imaginer qu’un individu aux revenus faibles accordera plus d’importance aux besoins de sécurité, qu’au besoin d’accomplissement.

Une chose est sûre : les experts de l’enfance n’envisagent plus les besoins de l’enfant de façon hiérarchisée. Aujourd’hui on parle d’un méta besoin. Et si ce méta besoin n’est pas suffisamment satisfait, il pourrait gripper la machine et freiner le développement global de l’enfant. Et devinez quel est ce méta besoin : le besoin d’affection, qui provoque le sentiment de sécurité affective.

L'affection est un besoin fondamental

Le psychologue Carl Lacharité s’est particulièrement intéressé au besoin d’affection. Pour lui, le besoin d’affection n’est pas un besoin secondaire, il est beaucoup plus que ça : c’est un méta besoin. Et en français, ça veut dire quoi ? ça veut dire que le besoin d’affection englobe tous les autres besoins. Ainsi les autres besoins pourront être satisfaits à condition de recevoir suffisamment d’affection.

Tiens, c’est marrant, ce méta besoin me rappelle la théorie de l’attachement de John Bowlby. John Bolwby, vous savez, c’est le fameux psychanalyste qui a osé remettre en question une partie de la théorie des pulsions de Freud. Mon p’tit doigt me dit qu’un article sur l’attachement sera publié prochainement. Pour ne pas le rater, pensez à vous inscrire à ma Newletter 😉, juste là en-dessous 👇👇👇.

La théorie des pulsions c’est celle qui dit que tout ce qui passe par la bouche (alimentation et succion) représente le besoin primaire. Et que le besoin d’affection n’est qu’un besoin secondaire, qui découle du besoin primaire et le complète. Mais Bowlby n’était pas du tout, mais alors pas du tout d’accord avec cette idée là 🤬. Pour lui le besoin d’affection est un besoin primaire au même titre que le besoin d’alimentation et de succion.

Toujours selon Bowlby, si les éducateurs répondent correctement au besoin d’affection, ils créeront un lien d’attachement de qualité entre eux et bébé. Cela engendre une sécurité intérieure chez l’enfant. Et cette sécurité intérieure est l’une des conditions essentielles au développement global de l’enfant. Selon Emmanuelle Bonneville-Baruchel, Docteure en psychologie, la sécurité est l’assise de toute dynamique de développement*.

Les travaux du psychanalyste René Spitz ont mis en évidence que le besoin d’affection est aussi important que le besoin de se nourrir. En effet, en 1946 il a constaté que la négligence affective provoque des retards de développement, voire la mort en cas d’absence totale d’affection. Ça fait froid dans le dos 😱.

Les différentes listes de besoins

Il existe différentes listes de besoins mais de façon générale elles s’accordent autour des besoins physiques et éducatifs. Pour les besoins psychologiques c’est plus compliqué. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui on considère que les besoins s’établissent autour d’un méta besoin plutôt que sur une hiérarchie. Un méta besoin est un besoin qu’éprouve tous les enfants. Il englobe tous les autres besoins qui seront donc assouvis à condition que le méta besoin le soit aussi. Quel est ce méta besoin ? C’est le

« besoin qu’ont tous les enfants d’établir des relations affectives stables avec des personnes [disponibles et attentives] de leur entourage immédiat […] »*.

Je sais, je me répète mais ce méta besoin est tellement essentiel à l’enfant, et on l’a tellement relégué au second plan au profit des besoins physiologiques, qu’il mérite qu’on s’y attarde. Donc j’insiste, c’est officiel : le besoin d’affection est un besoin pri-mor-dial.

Il n’existe pas de consensus sur une liste officielle des besoins de l’enfant. Toutefois, la loi française du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant a retenu trois types de besoins fondamentaux :

  • les besoins fondamentaux universels,
  • les besoins fondamentaux spécifiques,
  • les besoins fondamentaux particuliers.

Les besoins fondamentaux universels ont été définis à partir de différentes approches psychologiques, psychosociales et pédiatriques notamment :

Les besoins universels

En France, une démarche de consensus a eu lieu en 2016 et a défini les besoins fondamentaux universels :

  • le besoins de sécurité constitué de différents besoins :

    • les besoins affectif et relationnel,

    • les besoins physiologiques (alimentation, sommeil, hygiène…),

    • le besoin de santé,

    • le besoin de protection (physique, matérielle, affective…),

  • le besoin d’expérience et d’exploration du monde,

  • le besoin de règles et de limites,

  • le besoin d’identité,

  • le besoin d’estime et de valorisation de soi.

Les besoins fondamentaux universels correspondent aux besoins ressentis par tous les enfants, quel que soit l’âge, le sexe, l’environnement dans lequel il grandit…

La façon dont les parents répondent à ce besoin de sécurité influence la satisfaction des autres besoins. En d’autres termes, plus nous répondrons efficacement au besoin de sécurité de notre enfant et plus nous favoriserons son développement global.

Mais attention ⚠️ : restons dans le domaine du possible et n’oublions pas que Bout’chou n’a pas besoin d’un parent parfait pour se développer correctement.

Les besoins spécifiques

Les besoins spécifiques, quant à eux, diffèrent en fonction de l’âge, du développement, de la culture, du lieu d’habitation, du sexe, de la situation économique et sociale… de chaque enfant. Par exemple un enfant de 10 ans n’éprouve pas les mêmes besoins de sécurité qu’un nouveau né.

Connaître les stades de développement de l’enfant est utile pour accompagner l’enfant, mais en gardant bien à l’esprit qu’il ne s’agit que de moyenne. Aucun enfant ne correspond parfaitement à ces grilles.

Les besoins particuliers

Les besoins particuliers s’adressent aux enfants en situation de handicap et qui ont donc, de ce fait, des besoins particuliers à satisfaire, en fonction de leur handicap.

Comment savoir si mon enfant se développe bien ?

Selon Harry Ifergan, psychologue, trois critères permettent de dire si un enfant va bien psychologiquement parlant :

  1. l’enfant se nourrit bien,
  2. dort bien et aime dormir,
  3. est de bonne humeur et le montre.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé.

Ressources


Cécile Dhifallah

Formatrice diplômée en sciences de l’éducation et spécialisée en parentalité positive. Je suis aussi la maman d'une ado avec qui je mets en pratique la théorie. Connaître les principes de la parentalité positive et de la psychologie de l'enfant a beaucoup facilité mon rôle de parent. J'espère que mon site facilitera le vôtre.

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