À cause du coronavirus le gouvernement a décrété le confinement des français. Mais avoir des enfants confinés à la maison peut vite devenir un casse-tête pour les parents. Vous trouverez dans cet article quelques solutions efficaces et simples à mettre en place pour vous faciliter le confinement.

Télé-travailler tout en gardant Bout’chou toute la journée durant un confinement, il y a de quoi s’inquiéter ! Sauf si vous adoptez des pratiques éducatives efficaces

Beaucoup de parents appréhendent ce confinement inédit avec leurs enfants. Et oui, nous n’avons jamais été confrontés à une situation d’isolement et de restriction de liberté. Heureusement, il existe des solutions efficaces qui aideront à passer le cap. Pour tirer votre épingle du jeu, la gestion du stress, la coopération et la tolérance seront vos meilleurs atouts.

1. Pour un confinement zen, on limite le stress

Pour limiter le stress rien de mieux que se sentir en sécurité. Et la sécurité c’est LE besoin fondamental dont on a tous besoin, les enfants encore plus que les adultes. Pour favoriser ce sentiment de sécurité, vous pouvez :

Expliquer la situation

Les enfants, même les plus jeunes, vont constater que leur quotidien a changé (ils ne vont plus à la crèche ou à l’école, vous n’allez plus au travail, vous ne pourrez plus sortir…). Pour cette raison, expliquez-leur la situation de façon simple et non alarmiste. Utilisez des mots adaptés à leur compréhension. Par exemple vous pouvez dire :

Un virus se promène dehors et pourrait nous rendre malade. Donc pour rester en pleine forme nous allons tous rester à la maison. Et pour que cela se passe bien, nous allons tous respecter de nouvelles règles.

N’hésitez pas à inventer ces nouvelles règles avec vos enfants. Ils adorent être responsabilisés et associés à des trucs de grands.  Et vous verrez, les enfants ont tendance à mieux respecter les règles qu’ils ont eux-même inventées. Un peu comme les adultes d’ailleurs. Ahhhh l’humain 😉 !

Conserver une routine

Conserver votre routine quotidienne est un moyen très efficace pour rassurer un jeune enfant. Savoir à l’avance ce qui va arriver l’aide à comprendre les évènements de la journée, à les situer sur la courbe du temps et donc à structurer sa pensée. Faites comme si vous alliez travailler, levez vos enfants à l’heure habituelle (voire un peu plus tard mais pas trop quand même), préparez leur petit-déjeuner,  habillez-vous… reproduisez l’organisation habituelle de la famille.

Écouter les sentiments des enfants

Après avoir expliqué la situation, demandez-leur si tout est clair et s’ils ont des choses à ajouter. Ne devancez pas les éventuelles inquiétudes et craintes. Si des inquiétudes ou craintes sont exprimées ou si vous les percevez : faites-leur une place (♪ au fond d’ta bulle… c’est Julien Clerc qui l’a dit 😁) en les écoutant ou en posant des questions ouvertes. Par exemple vous pouvez demander :

Que penses-tu de la situation ? As-tu quelque chose à dire ? comment te sens-tu …

Exprimer ses sentiments réconforte et permet de mieux les accepter. Cela favorise également une expression des émotions plus acceptable. En accueillant les sentiments et émotions de vos enfants vous leur permettez d’évacuer des tensions. Cela les apaisera et renforcera votre lien affectif (et une cerise sur le gâteau, une 🙂 !). 

Différence entre sentiment et émotion

Un sentiment est un état affectif plus ou moins durable et évolutif. L’amour et la haine sont des sentiments. Une émotion est une sensation physiologique subite. La peur est une émotion qui provoque l’augmentation du rythme cardiaque, la chair de poule…

Exprimer ses propres sentiments

Si vous-même êtes stressé ou inquiet, ne dites pas le contraire à vos enfants. Bien-sûr ne vous laissez pas aller à un scénario catastrophe type troisième guerre mondiale et fin du monde déclenchée par des extra-terrestres morts vivants 😱. On n’en est pas là. Mais s’ils vous posent la question, reconnaissez que vous êtes inquiet car c’est une situation que vous ne connaissez pas. Profitez-en pour rappeler la formidable capacité d’adaptation et d’apprentissage des êtres humains :

C’est un peu comme ta première journée d’école, tu as eu peur au début car tu n’y étais jamais allé, ensuite tu t’es habitué.

Il faut savoir que les enfants sont de véritables capteurs à émotions. Et s’ils les captent sans comprendre la situation, ils s’inquièteront. Mettons-nous à leur place : imaginons que du jour au lendemain tout s’arrête, que tous les commerces baissent le rideaux, que des passants se mettent à porter des masques sur leur visage… Bref que tous nos repères disparaissent sans que personne ne nous explique quoi que ce soit. Avouons-le : cela serait plus qu’inquiétant. Ne rien comprendre d’une situation qui change sous nos yeux est très désagréable et déstabilisant pour tout le monde. 

Et rassurez-vous, les enfants ont une plus grande capacité que nous à vivre dans l’instant présent. Ils ressassent beaucoup moins et sont plus facilement captivés par leur activité. Ça limite les idées qui tournent en rond dans la tête.

Exprimer sa créativité

Les activités manuelles ont de multiples avantages. Elles favorisent la créativité et l’estime de soi, développent la patience et limitent le stress. Et oui, être accaparé par une activité nous fait oublier tout le reste et fait passer le temps plus vite.

Mais ce n’est pas tout : les activités manuelles pratiquées à plusieurs nous incitent à la coopération et à l’entraide. Bref, en plus d’occuper toute la famille, les activités manuelles nous font du bien.

Et avec un peu d’imagination il se pourrait même qu’elles vous permettent de recycler vos vieux cartons et de sublimer les chutes dont vous ne savez que faire. À bon entendeur…

2. Pour limiter les difficultés, on favorise la coopération

Quinze jours de confinement ne se dérouleront pas sans incidents. Pour mieux gérer la situation sans tomber ni dans l’autoritarisme 😡, ni dans le laxisme, plusieurs solutions s’offrent à vous.

Favoriser les phrases positives

Les enfants de moins de 2-3 ans ne comprennent pas la négation. En effet leur cerveau n’est pas encore câblé pour procéder à cette opération complexe. Oui oui oui M’sieurs Dames, la négation est une opération complexe pour notre cerveau. Même pour nous, les adultes, la négation n’a rien de simple. C’est un  processus qui utilise une grande attention et qui pompe plus d’énergie qu’une phrase positive.

Et ça, ce n’est pas Julien Clerc qui le dit mais Roland Jouvent qui est psychiatre et directeur de recherches au CNRS. Il explique que pour comprendre une phrase négative, notre cerveau travaille deux fois plus que pour une phrase positive :

  1. d’abord il entend l’action ,
  2. puis il annule cette action pour tenir compte de la négation 🤪.

Essayez de ne pas penser à un éléphant rose qui fait des acrobaties sur une planche à roulette…

Ce qui veut dire que quand vous dites

« ne crie pas ! »

votre enfant entend

« crie ! »

Donc, pour être sûr que votre message est bien passé, préférez des phrases affirmatives telles que : 

« parle doucement » , « chuchote » …

Vous verrez, ça marche vraiment.

Utiliser l'imaginaire

Aux sempiternels

« mamannnnn, c’est quand qu’on sooooooort ? »

Essayez ça, c’est magique :

« Tu veux sortir ? Moi aussi j’aimerais tellement sortir ! Et où on irait si on pouvait sortir ?…

Soyez enjoué et vous verrez que votre enfant va jouer le jeu. Non seulement vous montrez à votre enfant que vous êtes dans le même bateau que lui et en plus vous compatissez en proposant une évasion dans l’imaginaire : les enfants adorent !

Éviter les étiquettes

Des bêtises, il y en aura, c’est évident. Et des étiquettes collées sur le dos des enfants, il y en aura, c’est évident aussi. Mais le problème avec les étiquettes, c’est qu’elles provoquent un effet vicieux. Car plus vous collerez d’étiquettes à vos enfants et plus ils s’y conformeront.

Et oui, c’est le fameux effet Golem, un phénomène de prophétie auto-réalisatrice bien connu des psychologues. Il correspond aux effets négatifs provoqués sur quelqu’un à partir de notre propre regard négatif sur lui. Par exemple, si vous êtes convaincu que votre enfant est maladroit il va s’auto-persuader qu’il est maladroit et va devenir maladroit.

C’est le phénomène inverse de l’effet Pygmalion, qui lui provoque des effets positifs sur l’autre, à partir de croyances positives à son égard. Ce sont les psychologues Rosenthal et Jacobson qui ont découvert les effets de ce phénomène.

Aux étiquettes négatives préférez une description de la situation, c’est beaucoup plus efficace. Vous pouvez même demander à votre enfant comment il va s’y prendre pour réparer. Par exemple vous pourriez dire :

je vois que ton verre est renversé, que peux-tu faire ?

De cette façon vous responsabilisez votre enfant en favorisant sa capacité d’agir  et donc son autonomie. Et les enfants préfèrent ça plutôt que les reproches et les punitions. Et pourquoi donc me direz-vous ? Car en responsabilisant votre enfant vous le traitez comme un grand. Et, je ne sais pas vous, mais moi je ne connais aucun enfant qui aime être traité comme un bébé. Avec la responsabilisation, vous gagnez sur tous les tableaux 👏.

Préférer la description

Pour un message descriptif à fort impact, utilisez ces différentes étapes :

  1. prévenez votre enfant que vous avez quelque chose à lui dire : pour attirer son attention,
  2. décrivez la situation qui vous pose problème : pour le sensibiliser à cette situation problématique,
  3. exprimez ce que vous ressentez face à cette situation : pour développer son empathie,
  4. exprimez vos besoins, vos principes, vos valeurs : pour l’aider à les prendre en compte,
  5. exprimez une demande réparatrice ou demandez à votre enfant quelle solution il propose : pour le responsabiliser.

Une description pourrait ressembler à ceci :

(1) J’ai quelque chose à te dire. (2) Quand tu tires les cheveux de ton frère (3), je suis en colère (4), car ça fait mal et je suis contre la violence. (5) Je voudrais que tu arrêtes de frapper ton frère OU Quelle solution proposes-tu pour réparer ton geste ?

Cette forme de communication tournée vers la coopération, en plus d’être efficace, développe les compétences psychosociales de votre enfant. Psycho quoi ? Psychosociales, c’est à dire les compétences qui permettent de bien vivre avec soi-même et les autres et d’obtenir des relations sociales de qualité.

Mon conseil : utilisez la description de façon exceptionnelle, uniquement pour les comportements inappropriés de vos enfants. Vous m’en direz des nouvelles…

3. Le meilleur confinement possible grâce à l'adaptation

Il vous reste encore une chose à mettre en place pour le meilleur confinement possible : l’adaptation. Car

à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

En effet, pour vivre votre confinement de la meilleur façon possible, adapter vos règles de vie de famille habituelles est essentiel. Pour ce faire, gardez à l’esprit que :

  • un enfant de moins de six ans ne peut pas réguler ses émotions sans l’aide d’un adulte,
  • arrondir les angles favorise la coopération,
  • un enfant qui se sent entendu est plus facile à vivre et plus coopératif,
  • c’est en faisant des erreurs que votre enfant apprend,
  • partager des temps de jeux, activités, câlins… avec votre enfant renforce le lien d’attachement,
  • les trois pratiques éducatives qui facilitent le confinement facilitent aussi la vie de famille en dehors de toute période de confinement 😉.

Profitez de cette période exceptionnelle pour vous rapprocher de vos enfants, pour renforcer vos liens affectifs et développer vos compétences parentales. Bref, profitez-en pour lire mes articles.

Finalement, il se pourrait bien que vous tiriez un grand profit de ce confinement…

Merci d’avoir lu mon article. Maintenant c’est à vous, juste en dessous, dans les commentaires 👇. Racontez-nous comment vous avez mis en place ces pratiques éducatives, quels effets elles ont eus sur votre famille. Et si vous avez d’autres pratiques à partager : partagez-les 👇👇👇.

Une dernière chose : pensez bien à respectez les gestes barrières et les consignes de confinement. Prenez soin de vous et de vos proches. Bon courage et à bientôt 👋 !

Catégories : Parentalité

Cécile Dhifallah

Formatrice diplômée en sciences de l’éducation et spécialisée en parentalité positive. Je suis aussi la maman d'une ado avec qui je mets en pratique la théorie. Connaître les principes de la parentalité positive et de la psychologie de l'enfant a beaucoup facilité mon rôle de parent. J'espère que mon site facilitera le vôtre.

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