Apprendre à devenir parent, quelle drôle d’idée n’est-ce pas ? Mais si je vous disais que les parents sont les seuls à ne bénéficier d’aucun accompagnement pour apprendre à éduquer leurs enfants. Les professionnels de l’enfance, eux, sont obligés de se former avant d’accueillir nos Bout’choux. Cherchez l’erreur 🙃…

une femme enceinte va bientôt devenir parent

Entre « Il faut porter bébé le plus souvent possible » et  » trop les porter c’est caprices assurés », ou bien « une bêtise = une punition » et « punition = maltraitance »… c’est la cacophonie et on ne sait plus quoi faire avec notre enfant. Bienvenu dans le monde merveilleux des parents. Un monde où tout le monde nous dit comment faire mais où personne n’est d’accord. Et si on apprenait à devenir parent pour être sûr de faire les bons choix…

On a oublié les parents !

Vous aussi manquez d’outils et de connaissances sur le fonctionnement de votre enfant. Et de ce fait, vous n’êtes jamais vraiment sûr de faire ce qu’il faut quand il le faut. Tiens ça me fait penser quelqu’un 🙄. Et comment le savoir me direz-vous ? Vous n’avez jamais  appris à devenir parent !

D’ailleurs, avez-vous constaté qu’il est plus facile, en France, de trouver un centre d’éducation canine, plutôt qu’un centre d’éducation parentale ? Il existe même des centres d’éducation canine positive ! Si si, je vous assure ! Bien-sûr je n’ai rien contre l’éducation positive pour les chiens. Je pense même que le simple fait de ne plus utiliser le mot « dressage » est sans doute la preuve que nous avons avancé sur la condition animale ? Merci pour eux. Mais du coup ça m’inquiète pour les enfants. Où en sommes-nous de sa condition à lui ? Rendez-vous compte, on a pensé aux propriétaires de chiens mais pas aux parents. C’est quand même fort de café, non ? ! Ne vous méprenez pas, je ne compare pas l’éducation d’un chien avec celle d’un enfant. Je dis juste qu’il est plus facile de se faire accompagner pour son chien que pour son enfant ! Et je ne sais pas vous, mais moi, ça me turlupine.

Oui, c’est vrai, nous avons nous-mêmes été des enfants, nous connaissons donc beaucoup mieux le fonctionnement de notre enfant que le fonctionnement de notre chien. À moins que… Faisons un petit jeu : amusons-nous à répondre à ces questions :

  • à partir de quel âge un enfant peut-il faire des caprices ?
  • à partir de quel âge peut-on apprendre à parler à un enfant ?
  • à partir de quel âge un enfant devient-il capable de réguler ses émotions sans l’aide d’un adulte ?
  • à partir de quel âge un enfant comprend-il la négation ?
  • quel besoin est-il le plus fondamental : le besoin de se nourrir ou le besoin de sécurité affective ?

Pour les parents en construction impatients : les réponses se trouvent trois paragraphes plus bas 😉.

Les parents montrés du doigt

Mais quelle bête m’a piquée aujourd’hui ? Aucune mais je suis agacée de constater que les parents sont les grands oubliés de notre société. Pourtant cette même société ne manque pas de nous montrer du doigt à la moindre incartade de nos enfants ! Bien-sûr la façon dont nous éduquons nos enfants influence leurs comportements. Mais d’une part notre éducation n’est pas la seule responsable ;  les conditions de vie, le tempérament de l’enfant, l’influence de l’extérieur… jouent aussi leur rôle. Et d’autre part, les parents font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont. Je ne parle pas de moyens financiers bien-sûr (et bien que cela ait un réel impact sur l’éducation), je parle d’informer les parents sur les besoins de leur enfant.

Mais au fait, si la société estime que les parents n’ont pas besoin d’être accompagnés dans l’éducation de leurs enfants, pourquoi les professionnels à qui nous confions nos enfants avant d’aller travailler, ont-ils tous suivi une formation obligatoire ? Là est la question…

Les professionnels de l'enfance

De l’assistant maternelle à l’éducateur de jeunes enfants, tout le personnel susceptible d’accueillir nos enfants ont un minimum de connaissance sur eux. Par exemple, pour obtenir son agrément, l’assistant maternelle devra savoir

« accompagner l’enfant dans son développement, son épanouissement, son éveil, sa socialisation et son autonomie. »

En confiant notre enfant aux professionnels de l’enfance, on sait qu’ils sauront s’y prendre, qu’ils sauront quoi faire avec Bout’chou et qu’ils répondront au mieux à l’ensemble de ses besoins. Ils nous arrivent même de reconnaître qu’ils s’en sortent mieux que nous dans bien des situations.

D’accord, nos enfants se permettent plus de choses avec nous, c’est connu et on l’a tous constaté. Mais on ne peut pas comparer la relation d’un professionnel de l’enfance et d’un parent. En effet, il y a beaucoup moins d’émotions en jeu. Mais les professionnels de l’enfance n’auraient-ils pas un secret à nous confier pour nous faciliter l’éducation ? Bien-sûr que si et c’est… Tadam : Leur connaissance du fonctionnement de l’enfant ! Et oui, il n’y a aucun mystère. Plus nous connaîtrons le fonctionnement de nos enfants, plus nous saurons comment les accompagner.

Les professionnels de l’enfance savent ce qu’ils peuvent attendre d’un enfant, ils connaissent ses étapes de développement, ils connaissent les signes précurseurs d’une future acquisition et savent qu’elle activité mettre en place pour la soutenir. Ils savent stimuler, sans sur-stimuler, ils savent que certaines réactions d’un enfant ne sont que le fruit de l’immaturité de son cerveau. Bref, ils connaissent le développement de l’enfant et adapte leurs attentes et accompagnement en fonction.

Et vous aussi saurez le faire, en apprenant à devenir parent.

Devenir parent : la parenté et la parentalité

Mais alors, si tout le monde reconnaît l’utilité de la formation pour les professionnels de l’enfance, pourquoi en serait-il autrement pour les parents ? Devenir parent serait il naturel ? Suffirait-il d’accoucher ou d’avoir élever plusieurs enfants pour savoir comment s’y prendre ? Bien-sûr que non. Si vous croyez le contraire c’est sans doute que vous confondez la parenté et la parentalité. En même temps, il est vrai que ces deux mots sont indifféremment utilisés. Voyons ça de plus près.

🧐 La parenté est une relation biologique (ou pas dans le cadre de l’adoption) et juridique (reconnaissance de la parenté avec le livret de famille). La parenté est donc le lien qui unit plusieurs personnes soit par le sang, soit par l’adoption. Pour une femme il suffit d’accoucher pour créer un lien de parenté avec son enfant.

La parentalité concerne les pratiques éducatives mises en place par les parents et la façon dont ils vont les mettre en place. La parentalité est donc un style, une façon de faire, une façon d’être vis à vis de nos enfants. Plusieurs éléments influencent plus ou moins notre façon d’être parent et donc notre parentalité :

  • l’éducation que nous avons reçue,
  • nos objectifs éducatifs : visons-nous l’autonomie ou l’obéissance ? La créativité ou la normalité ? L’esprit critique ou le respect des règles ?
  • notre tempérament, notre caractère,
  • nos croyances,
  • nos valeurs,
  • notre classe sociale,
  • notre environnement géographique, social, familial, professionnel,
  • nos centres d’intérêts
  • nos connaissances du développement de l’enfant…

La parentalité dépend donc de qui nous sommes, de notre expérience, de nos connaissances et aussi des objectifs que nous nous fixons pour nos enfants. À l’inverse de la parenté, la parentalité se construit. Et si elle se construit cela signifie donc qu’elle peut s’apprendre 🎉.

Construire sa parentalité c'est apprendre à devenir parent

Deux types de parents

D’accord tous les parents se font une expérience en éduquant leurs enfants. Mais il faut reconnaître que certaines expériences rendent plus compétents que d’autres. C’est à dire ? Et bien vous avez dû constater qu’il existe deux types de parents ? Ceux qui pensent qu’éduquer un enfant est un jeu d’enfant et les autres, ceux qui pensent que ce n’est pas si simple. Ces parents là se posent tout un tas de questions. Et pour trouver des réponses ils s’informent, cherchent des ressources, consultent des sites sur internet… Bref ces parents sont actifs, ils apprennent à devenir parents, ils construisent leur parentalité. Normalement là vous faites le lien avec le nom de mon site, parents-en-construction.com 😃.

Bref, ces parents en construction vont devenir de plus en plus compétents et réagiront de façon de plus en plus adaptée face aux besoins et comportements de leur bambin, qui n’en sera que plus épanoui. Attention, je ne dis pas que l’éducation parentale est la seule responsable de l’épanouissement de l’enfant. Ce serait trop facile et trop lourd à porter. Ouf, on respire un grand coup.

Non seulement l’enfant évolue dans différents contextes (familial, historique, socioéconomique…) mais aussi dans une certaine écologie (l’environnement extérieur) avec laquelle il va interagir. C’est la théorie écologique de Bronfenbrenner qui explique que, durant toute notre vie, nous subissons des influences extérieures plus ou moins directes et que cela affecte nos actions, pensées et émotions. Inversement, nous influençons ces différents contextes.

Mais j’y pense, se pourrait-il que les parents au bord du burn out le soient car ils se pensent responsables de tout ? C’est bien possible. Mais rassurez-vous, car je peux déjà vous dire que, certes les parents ont une sacrée influence sur leurs enfants, mais ça ne dure pas. Car dès que l’adolescence pointe le bout de son nez, notre influence décline façon chute libre 😱. Durant cette période c’est l’influence des copains qui prend la relève, pour le meilleur ou pour le pire. « Ben ouais quoi, vous serez devenus complètement dépassent ! Nan mais allo quoi ! » Allez, courage, tous les parents passeront par là.

Les parents en construction

Mais revenons à nos parents en construction qui auraient la très bonne idée de  consulter régulièrement mon blog. Ils auraient raison de le faire car ils apprendraient que :

  • un bébé ne peut pas faire de caprices avant ses 18 mois. S’il pleure c’est qu’il a besoin d’un câlin, ou bien il a faim, froid, sommeil, il est malade… Selon certains, la période des caprices se situerait entre 18 mois et 4-5 ans. Mais s’agit-il bien de caprices ? Là est la question,
  • plus vous parlerez à votre enfant et mieux il développera son langage. Bébé peut même vous entendre in-utero, à partir du 6ème ou 7ème mois. C’est le bon moment pour commencer,
  • un enfant commence à savoir réguler ses émotions sans l’aide d’un adulte à partir de 6 ans,
  • un enfant ne comprend pas la négation avant l’âge trois ans. Si vous demandez à votre enfant de ne plus crier, il ne comprendra pas. Demandez-lui plutôt de parler doucement,
  • le besoin de se nourrir et le besoin de sécurité sont tous deux aussi fondamentaux l’un que l’autre.

Alors, combien de réponses justes avez-vous obtenues ? Cap ou pas cap : on en parle dans les commentaires (à la fin de l’article) ou sur facebook ?

Apprendre à devenir parent pour une autre éducation

J’entends des voix s’élever : « Tout de même, est-ce qu’on n’en ferait pas un peu trop autour de l’enfant ? » « De mon temps, c’était une fessée et au lit. Et ça marchait aussi ! » « À trop les écouter vous en ferez des enfants rois ! »

Il est vrai que depuis quelques années on entend parler d’éducation parentale partout. En fait il se passe actuellement quelque chose de très intéressant dans le milieu de l’éducation, une mini révolution en quelque sorte. Et tout se battage autour de l’enfance provient, entre autres, de la pédiatre Catherine Gueguen qui explique que les relations empathiques favorisent le développement du cerveau. Pour ce faire elle s’appuie sur les neurosciences affectives qui ont montré, IRM à l’appui, l’impact de certaines pratiques parentales sur le développement du cerveau.

Petite précision en passant : contrairement à une idée répandue, les neurosciences n’ont pas découvert l’impact des pratiques parentales. Se sont les psychologues du développement qui ont prouvé qu’il existait un lien entre les pratiques éducatives et le développement humain. Les neurosciences, elles, ont identifié les zones du cerveau qui réagissent, qui évoluent en fonction de certaines pratiques éducatives. Les neurosciences confirment donc, photo du cerveau à l’appui, les anciens travaux de la psychologie. Bref, les experts de l’enfance nous invitent à repenser nos modèles d’éducation car ils ont montré que :

  • certaines pratiques parentales favorisent le développement global de l’enfant,
  • certaines pratiques parentales freinent le développement global de l’enfant.

Et quelles sont-elles ces pratiques qui favorisent le développement de l’enfant ? Les pratiques parentales positives.

Là normalement, vous êtes convaincu de l’intérêt d’apprendre à devenir parent. Toujours pas ? Dans ce cas, je vous conseille de continuer la lecture de cet article et de lire les autres articles de ce blog. Non mais 😉 !

Apprendre à devenir parent : à vos marques, prêt, partez !

Et oui ! éduquer un enfant n’est pas simple, et non ! Les femmes ne deviennent pas des expertes en pratiques éducatives en accouchant. Ni les pères d’ailleurs 😉, et bien qu’ils n’accouchent pas ! Si le diplôme de la petite enfance est un critère de sélection pour être recruté dans les haltes garderies et les crèches, comment imaginer que les parents puissent se passer d’une formation à la parentalité. Et les attentes de plus en plus grandes de la société compliquent encore plus notre tâche.

Nous sentons bien que nous ne pouvons plus nous contenter de reproduire l’éducation que nous avons reçue. Aujourd’hui nous ne portons plus le même regard sur l’enfance. Il ne suffit plus d’avoir des enfants polis et adaptés à une société figée. Et pour cause, notre société n’est plus figée, les repères deviennent de plus en plus mouvants, le numérique a changé le monde, les jeunes travailleurs s’expatrient de plus en plus, on ne sait pas encore ce que nous réserve l’intelligence artificielle, la planète est polluée… Bref les adultes de demain, nos enfants, vont devoir relever de nombreux défis.

Aujourd’hui les experts de l’enfance savent comment favoriser le développement global de nos enfants. Ils savent quels comportements favorisent et quels comportements freinent le développement de l’enfant. Pourquoi les premiers éducateurs des enfants, c’est à dire nous les parents, seraient-ils ceux qui devraient en savoir le moins sur le fonctionnement de leurs propres enfants ?

Même le Conseil de l’Europe invite les parents à utiliser des pratiques éducatives positives et incite les États à mettre en œuvre des politiques familiales s’en inspirant.

Alors, convaincu ou pas ? Dites-moi ce que vous en pensez, juste en dessous 👇👇👇, dans les commentaires. À vos marques, prêt, partez !

Pour aller plus loin

Catégories : Parentalité

Cécile Dhifallah

Formatrice diplômée en sciences de l’éducation et spécialisée en parentalité positive. Je suis aussi la maman d'une ado avec qui je mets en pratique la théorie. Connaître les principes de la parentalité positive et de la psychologie de l'enfant a beaucoup facilité mon rôle de parent. J'espère que mon site facilitera le vôtre.

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