Isoler son enfant à cause d’un comportement inapproprié, est-ce une pratique éducative au dessus de tout soupçon ou une punition humiliante à proscrire de nos pratiques parentales ? C’est la question que je me pose depuis que j’ai entendu dire que l’isolement serait nocif, selon les neurosciences.

Un enfant commence à savoir réguler ses émotions, sans l’aide d’un adulte, à partir de 6 ans. Il est donc déconseillé de l’isoler seul avant cet âge.

Isoler un enfant : une punition humiliante ?

Isoler, mettre en retrait, en temps mort ou de pause un enfant consiste à le séparer du reste du groupe durant quelques minutes. Il est utilisé pour sanctionner ou permettre le retour au calme d’un enfant devenu perturbateur, voire agressif.

La punition et la sanction sont considérées soit comme des synonymes, soit comme des antonymes. Et quand elles sont vues comme des antonymes une hiérarchie de valeur s’impose : la sanction serait bonne, la punition mauvaise. Mais une punition est-elle forcément humiliante et nocive ? Et comment deux mots aussi proches peuvent-ils être perçus de façon si opposée ?

Punition ou sanction ?

Selon le Larousse une punition est un

accident ou malheur qui paraît être la conséquence d’une faute.

Action de punir, d’infliger un châtiment, une peine.

Punir consiste à

frapper quelqu’un d’une peine, sanctionner un acte.

Constituer un châtiment, une sanction.

Une sanction est la

conséquence naturelle d’un acte.

Sanctionner est le fait de

réprimer une infraction, une faute, les punir par une sanction, une pénalité

Pour le Larousse la punition s’apparente à la sanction, les deux termes sont interchangeables, synonymes et correspondent à une conséquence infligée par l’homme ou par la nature, suite à un acte considéré comme inapproprié. La conséquence est soit un accident, un malheur, une peine, une pénalité, un châtiment ou encore une conséquence naturelle. On peut donc considérer que la sanction/punition est une conséquence négative quand elle est l’œuvre de l’homme, et positive ou négative quand elle est l’œuvre de la nature.

Tout dépend donc de l’objectif : si on utilise l’isolement uniquement pour que l’enfant retrouve son calme et sans vouloir lui infliger une peine, alors il ne s’agit pas d’une sanction/punition. À l’inverse, si le retour au calme est envisagé comme une peine alors il s’agit d’une sanction/punition. Et si l’objectif de l’isolement n’est pas le retour au calme mais le retrait de l’enfant perturbateur ou agressif, là encore il s’agit d’une sanction/punition. Mais comment le commun des mortels envisage-t-il la punition et la sanction ?

Nos perceptions

Pour certains la sanction doit avoir une visée éducative, elle est donc envisagée comme positive même si la conséquence directe est désagréable (ramasser la poubelle renversée). Ce qui compte ici n’est pas la valeur (positive ou négative) de le conséquence directe, mais ce qu’aura appris l’enfant de cette conséquence. Pour ce faire la sanction doit être en lien directe avec l’acte pour amener l’enfant à réfléchir sur celui-ci et à ses conséquences (logiques, naturelles ou réparatrices). L’objectif est la réparation devant mener à la responsabilisation et l’auto-discipline. Les pro-sanctions sont contre la punition qu’ils perçoivent comme un abus de pouvoir aliénant et déresponsabilisant, car sans aucun objectif d’apprentissage. La punition est considérée comme souvent, voire toujours violente et humiliante.

D’autres vont encore plus loin en refusant d’utiliser le terme de sanction car elle implique des conséquences directes aussi bien positives que négatives. C’est à dire aussi bien apprendre quelque chose que se voir infliger une peine. Or selon eux, une sanction ne devrait être que positive, c’est à dire essentiellement tournée vers un apprentissage. Tous les apprentissages sont considérés comme positifs.

Pour d’autres encore la punition est la conséquence logique d’une règle transgressée, en lien avec l’acte, ou pas. Elle peut consister à faire cesser un comportement inapproprié, voire à faire passer l’envie de recommencer. Elle est aussi perçue comme un moyen de réparer son acte, ou comme un dédommagement qui permet de repartir sur de nouvelles bases. 

Bref, les pro-sanctions, les ni-ni (ni punition, ni sanction) et les pro-punitions visent le même objectif : faire cesser ou faire évoluer un comportement inapproprié mais s’y prennent de différentes façons.

On est d’accord : personne n’est d’accord et nous ne sommes pas plus avancés. Voyons voir du côté de l’humiliation et de la violence.

Humiliation

Humilier correspond à

Atteindre quelqu’un dans son amour-propre, sa fierté, sa dignité, en cherchant à le déprécier dans l’esprit d’autrui ou à ses propres yeux.

Soyons honnêtes : isoler Bout’chou peut vite devenir humiliant, si on le force à le faire, si on le fait devant un public… Par exemple si on l’isole en lui disant qu’il est vraiment méchant et qu’il devrait avoir honte de lui : c’est une punition humiliante. Pas sûre que l’isolement lui permette de se calmer dans ces conditions. Mais si on lui dit que ce n’est pas une punition, que c’est un temps pour lui, pour qu’il se calme et puisse être disponible à nouveau. C’est notre attitude, notre façon de faire qui rend l’isolement humiliant ou non.

Violence

Imaginez encore qu’on l’isole en le tirant par les cheveux, non seulement il aura été humilié mais en plus il aura subi des violences physiques.

La violence est définie ainsi :

Caractère de quelqu’un qui est susceptible de recourir à la force brutale, qui est emporté, agressif.

Extrême véhémence, grande agressivité, grande brutalité dans les propos, le comportement.

Abus de la force physique.

Contrainte, physique ou morale, exercée sur une personne en vue de l’inciter à réaliser un acte déterminé.

Le Larousse nous dit que la violence va de la contrainte à l’utilisation de la force brutale. Donc on peut effectivement dire que oui, la punition et la sanction peuvent être plus ou moins violentes. Car interdire de rejoindre son groupe ou imposer d’éteindre la télé ou de réparer sa bêtise, sont des contraintes qui porte donc un certain degré de violence. Mais peut-on vraiment ne rien imposer en éducation ? 

Aï aïe aïe, il semblerait que, quoi qu’on fasse, nous soyons cernés par la violence dans cette histoire de punition / sanction / isolement. Et qu’en est-il de la discipline ? Peut-elle nous aider à y voir plus claire ?

Discipline

La disipline vise à

Soumettre quelqu’un, un groupe à l’obéissance, à un ensemble de règles qui garantissent l’ordre dans la collectivité où il se trouve : Discipliner une classe.

Parvenir à organiser quelque chose de façon à en tirer certains effets, le maîtriser : Discipliner un cours d’eau par des digues.

Assujettir quelqu’un à des règles, le plier à une discipline intellectuelle ou morale, éduquer : Discipliner sa pensée.

On comprend que la discipline consiste à orienter, guider dans le bon sens mais toujours avec une certaine violence : en soumettant, en assujettissant, en maîtrisant. Décidément, on n’y échappe pas.

On est bien d’accord, il semble que la punition/sanction ou l’isolement, sans violence, soit impossible. Peut-on éduquer sans violence ? Là est la question. Et si on essayait autre chose…

Punition ou récompense ?

Et si on proposait à Bout’chou (qui vient de taper son frère), calmement et avec bienveillance, de se retirer dans sa bulle de calme (un endroit agréable aménagé à cet effet), avec ses doudous pour le réconforter… Vous conviendrez qu’il y a peu de chance pour qu’il se sente humilié ou violenté car il n’y a pas été contraint.

Mais ce serait contre productif, me direz-vous ! Proposer une bulle, avec les doudous par dessus le marché, reviendrait à lui offrir un moment agréable, une récompense, alors qu’il a frappé son frère !  Est-ce qu’on ne marcherait pas sur la tête là 🤔 ?

Oui selon les travaux du psychologue Burrhus Skinner qui s’est intéressé au rapport existant entre un comportement et ses conséquences. Il dit que si les conséquences sont agréables (récompense), le comportement aura tendance à se répéter. À l’inverse, si les conséquences sont désagréables (punition), le comportement aura tendance à diminuer, voire disparaître. Vous l’aurez compris : c’est le fameux récompense / punition. Et cette forme d’apprentissage est très efficace. Elle est d’ailleurs très utilisée par les parents et les enseignants pour obtenir un comportement attendu.

Malheureusement, cette approche a deux inconvénients :

  • elle est efficace uniquement sur le court terme. Elle ne permet pas l’intériorisation de la règle et l’enfant apprend simplement à éviter une punition ou a obtenir une récompense,
  • ce qui est perçu comme une punition par l’adulte ne le sera pas forcément par l’enfant.

Par exemple, Bout’chou se sent tellement bien dans sa bulle de calme que pour y retourner, il pourrait frapper son frère à nouveau. Vous renforcez ainsi le comportement dont vous voulez que Bout’chou se débarrasse. Et vous voila pris au piège d’un cercle vicieux.

Prendre en compte la victime

Et si on lui proposait simplement d’exprimer sa colère, en frappant des coussins, en hurlant dans le jardin… afin qu’il évacue toutes ces émotions qui l’envahissent. Ainsi on sort du cycle punition/sanction/récompense, on lui  permet juste d’exprimer autrement ses émotions.

D’accord mais que va penser le petit frère ? On aurait donc le droit de le frapper sans qu’il n’y ait aucune autre conséquence que la libération d’énergie ? Il se pourrait que petit frère ressente un lourd sentiment d’injustice, non ? Et son estime de soi pourrait en prendre un coup. Être reconnu en tant que victime est très  important pour l’adulte, pourquoi en serait-il autrement pour l’enfant ?

Pour cette raison, selon moi un enfant qui tape un autre enfant doit :

  • comprendre pourquoi on ne peut pas frapper,
  • trouver des solutions pour réparer son geste,
  • être isolé :
    • pour retrouver son calme,
    • pour l’éloigner de l’enfant qu’il a frappé,
    • pour montrer à la victime qu’elle a été prise en compte.

Mais ça, c’est moi qui le dit 😏.

Bref, il semble qu’il soit impossible d’échapper à un certain degré de violence dès qu’il s’agit de punition/sanction/isolement car elles sont imposées. Et si nous n’imposons pas, une injustice pointe de suite le bout de son nez. Voyons si les spécialistes de l’enfance peuvent nous aider à y voir plus clair.

La punition/sanction selon les spécialistes de l'enfance

L'éducation positive

Dans certains courants de l’éducation positive, toutes les punitions, qu’elles soient corporelles ou non, sont envisagées comme violentes et inefficaces, donc à bannir. La psychothérapeute Isabelle Filliozat recommande le zéro punition et invite à privilégier la responsabilisation et l’auto-discipline, grâce notamment à des consignes et règles claires et les seules conséquences naturelles d’un acte. L’isolement n’étant pas une conséquence naturelle, elle est donc ici considérée comme une punition. Selon la spécialiste les punitions sont toutes  inefficaces et contre-productives car elles provoquent de la peur plutôt que la réflexion, altèrent la relation parent-enfant, insécurisent l’enfant et inhibent ses fonctions cérébrales supérieures. La psychothérapeute prévient également les parents du risque d’escalade dans la violence face à cette pratique.

D’autres courants de l’éducation positive bannissent toutes formes de punitions corporelles mais invitent à utiliser des pratiques dites non violentes telles la réprimande, la réparation, la restriction de privilèges, l’isolement (dit aussi temps de pause, temps mort, ou de retrait), le bénévolat. C’est ce que le rapport du Comité d’experts sur l’Enfance a préconisé lors de la conférence des ministres européens chargés des affaires familiales de 2006.

Le programme de soutien à la Parentalité positive Triple P (programme reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé) préconise lui aussi l’isolement si la conséquence logique semble inenvisageable ou en cas de désobéissance continue, d’agressivité, de comportement destructeur ou de crise de colère. Programme mis en avant sur le site de l’association Ni claques, ni fessées, association qui rappelle l’un des principes de l’éducation positive qui consiste à éviter les rapport de force. L’isolement ne semblant pas être considéré comme tel. 

La psychanalyse

Pour la psychanalyste Claude Halmos la punition est nécessaire pour faire respecter les règles et n’est pas forcément violente ou humiliante. Elle met en avant le caractère structurant et rassurant d’un cadre claire et de limites. Elle invite d’ailleurs à bien distinguer l’autorité, nécessaire pour éduquer un enfant, de l’autoritarisme, un abus de pouvoir. Elle explique que l’enfant est soumis à son plaisir, ses pulsions et de ce fait doit être limité pour apprendre à vivre en société. Les punitions seraient nécessaires lorsque les règles, expliquées et connues de l’enfant, ne sont pas respectées. Elles agissent comme des garde-fous. Selon la psychanalyste la punition, pour être efficace, doit être : 

  • réfléchie, 
  • limitée,
  • adaptée à l’âge de l’enfant ainsi qu’à la bêtise,
  • graduelle.

La spécialiste de la psyché est en désaccord complet avec l’idée d’éduquer sans punir si chère à certains courants de l’éducation positive. Selon elle une éducation sans conflit est impossible du fait du fonctionnement de l’enfant :

« La plus grande arnaque de l’éducation positive c’est de faire croire aux parents qu’on peut éduquer sans conflits. »

La psychologie du développement

Anne Bacus

Anne Bacus, Docteure en psychologie et psychothérapeute, nous explique qu’une punition, pour être efficace, doit respecter 3 critères : 

  • la prévention : expliquer la règle à respecter et la punition correspondante en cas d’infraction à celle-ci,
  • l’adéquation : la punition doit être proportionnelle au comportement inapproprié et non à notre degré d’énervement,
  • la réparation : l’enfant doit réparer son acte. Si la réparation est impossible, un travail d’intérêt général lui sera imposé.

Euuuh, on serait pas comme englué dans la confusion là 🤪 ?! La punition d’Anne Bacus ressemble beaucoup à ce que font les parents opposés à la punition et/ou à la sanction. Et le pire, c’est que ça se tient car une conséquence réparatrice, aussi éducative soit elle, est une sanction à partir du moment où elle est imposée, non ? Et justement, c’est ça qui fait toute la différence : quand c’est imposé, c’est une punition selon les anti-punitions et/ou sanction, si j’ai bien compris. Mais oui, c’est ça ! Souvenez-vous : pour Isabelle Filliozat, si la conséquence est imposée par le parent : c’est une punition/sanction qu’elle invite à ne pas utiliser.

Mais je fais quoi si mon enfant hurle tout en sautant sur le canapé avec un verre de jus d’orange à la main, alors qu’il sait qu’il ne doit pas le faire sinon plus personne ne pourra s’asseoir dessus ? Ben là, à mon avis, soit j’interviens, donc je le contrains, donc je le violente. Soit je refuse de faire preuve de violence, donc je ne le contrains pas et donc je n’interviens pas non plus 🤪.  Et j’obtiens un canapé aromatisé au jus d’orange 😕 ! Bon là, j’ai dû rater un truc. Isabelle, si vous passez par là…

Kathleen Stassen Berger

Kathleen Stassen Berger, Docteure en psychologie et auteure d’un manuel de référence en psychologie du développement évoque spécifiquement le temps mort comme

« une mesure disciplinaire qui consiste à séparer un enfant du groupe pendant une durée déterminée. »

Elle rappelle que les punitions doivent rester rares et qu’elles doivent correspondre aux capacités de compréhension et de maîtrise de l’enfant. Elle invite les parents à utiliser des punitions logiques, c’est à dire en lien avec l’acte réprouvé afin de favoriser la compréhension de l’enfant entre son action et la conséquence de celle-ci. On est encore d’accord : la punition de Kathleen Stassen Berger, ressemble, elle aussi, à la conséquence logique des anti-punitions. À moins que tout le monde utilise le même vocabulaire mais pour dire des choses différentes. 🤔

Diane E. Papalia et Gabriela Martorell

Diane E. Papalia et Gabriela Martorell, Docteures en psychologie invitent également à limiter le plus possible les punitions. Elles recommandent de  privilégier la compréhension des consignes afin de favoriser la socialisation de l’enfant. Pour autant, elles considèrent que l‘isolement est nécessaire dans certaines conditions : notamment lorsqu’un enfant en frappe un autre.

L'isolement selon la loi

« L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »

C’est le nouveau principe inscrit sur le code civil français depuis que l’Assemblée Nationale a voté la loi, en juillet 2019, interdisant l’utilisation de violences éducatives ordinaires (VEO). Et ce principe est un sacré changement pour les parents car il supprime le fameux « droit de correction » dont ils jouissaient jusqu’ici. C’est lui qui légitimait l’utilisation des gifles, tapes, fessées… dans l’éducation des enfants. 2019, il était temps !

Mais que sont les VEO exactement ? Un rapport gouvernemental de 2019 les définit comme étant

 » l’ensemble des pratiques coercitives et punitives utilisées, tolérées, voire recommandées dans une société, pour “éduquer” les enfants. « 

Vous conviendrez que ce n’est pas très clair. Muriel Salmona, psychiatre et psychotraumatologue explique que la VEO

est un ensemble de pratiques qui, sous couvert d’éducation, portent atteinte à l’intégrité physique et psychique de l’enfant

Et l’isolement alors ?! Porte-t-il atteinte à l’intégrité physique et psychique de l’enfant selon la loi ?

Sur le site du Ministère des solidarités et de la Santé les violences psychologiques faites à l’enfant concernent

Les insultes ou les propos dénigrants, les humiliations, les menaces, les intimidations, etc.

Il rappelle que la sécurité affective et relationnel est un besoin fondamental au même titre que boire et manger. Mais rien n’est dit précisément sur le fait d’isoler un enfant. À moins de considérer l’isolement comme une humiliation.

Sur son enqûete de 2019 relative à la prise de conscience de la VEO, l’Observatoire de la VEO évoque la « mise à l’écart » mais sans définition précise. Est-ce la mise à l’écart du type isolement ou bien la mise à l’écart des amis et de la famille, bonne question ? 

L'isolement selon les neurosciences

Une fois encore, je n’ai rien trouvé sur l’isolement, spécifiquement, du côté des neurosciences. Par contre j’y ai trouvé les effets de la maltraitance émotionnelle et du stress chez l’enfant. 

La pédiatre Catherine Gueguen cite l’étude de la chercheuse AnneLaure van Harmelen, qui montre les effets de la maltraitance émotionnelle sévère chez l’enfant. C’est quoi la maltraitance émotionnelle ? Ce sont tous les comportements qui rabaissent l’enfant, le ridiculisent, le critiquent, le punissent, lui procurent un sentiment d’humiliation, de honte, lui font peur, le terrorisent ou l’excluent. Bon ben, levez le doigt les parents qui n’ont jamais utilisé le moindre de ses comportements. Non, vraiment ? Même pas la critique ? Quoi qu’il en soit, soutenir qu’une critique ou une punition est forcément une maltraitance émotionnelle sévère. Non, vraiment j’y crois pas.

La pédiatre nous explique que cette forme de maltraitance affecte le fonctionnement du cortex orbito-frontal (COF) et augmente le risque de développer différentes maladies de types comportementales et psychiatriques. Mais à quoi ça sert un COF ? C’est lui qui nous permet de faire preuve d’affection et d’empathie. Mais pas que : il intervient aussi dans notre capacité à faire des choix et à réguler nos émotions. Le bon fonctionnement de notre COF est donc essentiel dans nos vies.

Bruce Mac Ewen, un neuroendocrinologue lui, a démontré les effets d’un stress très important ou répété : il altère les neurones et peut même aller jusqu’à les détruire.

Le mot de la fin

On est d’accord, on peut difficilement considérer un isolement de quelques minutes, utilisé avec parcimonie et sans tirage de cheveux, comme une maltraitance émotionnelle sévère ou un stress très important. D’accord il se pourrait qu’il y ait une forme de violence car si Bout’chou ne coopère pas je serais contrainte de le contraindre (il faut bien qu’il arrête de frapper). Pas en lui tirant les cheveux bien-sûr. L’autorité (pas l’autoritarisme) peut suffire. Mais de là à dire que cette pratique, de façon générale, est nocive 🤔. Il faut raison garder. À moins qu’une étude m’ait échappée…

Si vous n’êtes pas d’accord, je vous invite à lire mon article (ou à le commenter) sur les effets du stress sur l’enfant. J’y explique la différence entre un stress normal et un stress excessif. Car c’est bien ça qui fait toute la différence : la quantité, l’intensité ET l’accompagnement des éducateurs aussi.

Bien-sûr je n’incite personne à utiliser l’isolement. D’accord ce n’est pas la pratique éducative du siècle mais elle est, à mon avis et sous certaines conditions, moins pire que certaines autres.

Ressources

Catégories : Parentalité

Cécile Dhifallah

Formatrice diplômée en sciences de l’éducation et spécialisée en parentalité positive. Je suis aussi la maman d'une ado avec qui je mets en pratique la théorie. Connaître les principes de la parentalité positive et de la psychologie de l'enfant a beaucoup facilité mon rôle de parent. J'espère que mon site facilitera le vôtre.

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